Born To Run : le livre français dans son édition originale

Born to run – le résumé

Cet article est un résumé en 4500 mots du cultissime best-seller de Chris Mac Dougall : Born To Run. Il a été traduit en français par Jean-Philippe Lefief et publié en 2012 aux Editions Guérin (devenues Paulsen). Les numéros de page de chaque chapitre sont donnés entre parenthèses dans l’édition d’origine.

Pour les pressés, ou tout simplement pour retrouver facilement un passage clé.

Enjoy … C’est cadeau

Born To Run : exemplaire numéroté de l'édition originale française

Préface (9) – Kilian Jornet

I (13) – Première rencontre entre Mac Dougall et Caballo Blanco

Dans le hall d’un hôtel d’un patelin poussiéreux de la Sierra Madre mexicaine, Caballo Blanco apparaît comme cadavérique, poussiéreux et coiffé d’un chapeau de paille en loque. Description du premier face à face.

Born To Run : Chris Mac Dougall

II (18) – Les blessures à la course

Visite chez 3 grands pontes de la médecine sportive. Réponses unanimes : arrêtez la course.

– Pourquoi ai-je mal au pied ?

– Parce que courir est mauvais pour toi.

Présentation des Tarahumaras

Raramuris de leur vrai nom, ils sont présentés comme le peuple à la société modèle et aux qualités physiques incomparables. Ils ont traversé le temps en fuyant au fin fond des Barrancas. Ils ont une approche festive de la course.

Born To Run : les Tarahumaras en pleine course

III (33) – La légende des Tarahumaras vue par les explorateurs du XXe siècle

Mac Dougall part en 4*4 avec Salvador, un guide-chanteur, à leur recherche et croise des narcotrafiquants qui auraient pu les zigouiller. Grosse frayeur. Après des heures de recherche, ils bloquent sur un « isthme » au paysage apocalyptique.

IV (43) – Première rencontre entre Mac Dougall et les Tarahumaras

Après deux jours de recherche dans les étroits défilés des Canyons, ils finissent par trouver Arnulfo Quimare et son village, un des plus talentueux Tarahumaras. Ils tentent de l’interroger, mais sans succès. Il se mure dans le silence.

V (50) – Première rencontre entre les Tarahumaras et Caballo Blanco

Angel Nava Lopez, l’instituteur du village Raramuris, raconte le passage éclair de Caballo Blanco pour demander à manger et à boire, juste vêtu d’une casquette de Baseball et d’un short. Il est aujourd’hui admis comme l’un des leurs.

Diverses anecdotes historiques sur la dangerosité des Copper Canyons.

VI (62) – Récit d’un “Rarajipari”

Mac Dougall et Salvador partent à la recherche de Caballo Blanco. Ils finissent par le retrouver à l’hôtel de la Casa Perez à Creel.Born to run : un rarajipari

Récit d’un “rarajipari” par les élèves de l’école du village, jeu traditionnel Tarahumara qui consiste en une course de relais avec une boule de bois à mener aux pieds, dans laquelle le jeune Marcelino, fils de Manuel Luna, excelle.

Découverte de l’iskiate, une boisson énergisante à base de graines de chia.

VII (73) – Caballo Blanco raconte son histoire

Repas en tête à tête avec Caballo Blanco, ou plutôt Micah True de son nom d’emprunt quand il vivait encore en Californie (True était le nom de son chien).Born To Run : Caballo Blanco

Monologue de Caballo Blanco qui déverse un verbiage décousu (“…Traumatismes, blagues, souvenirs, rancune, culpabilité due à la rancune, fragments de sagesse antique…”). Puis récit de son histoire extraordinaire durant ses 10 ans de disparition du monde extérieur.

VIII (80) – Rick Fisher

Rick Fisher est un aventurier parti à la découverte des mondes perdus et souterrains du globe. Durant une visite des Barrancas, il se lie d’amitié avec Patrocinio Lopez, un jeune Tarahumara qui s’était aventuré dans le monde extérieur qui l’invite à assister à une course de 100 kilomètres.

Born To Run : Rick Fisher

Il se sert de sa copine, Katy Williams, qui est la fille de Ed Williams, ultra-trailer ayant participé 12 fois au Leadville Trail, un ultra-trail de 160 km dans le Colorado, pour se faire introduire auprès des organisateurs de la course.

IX (86) – Leadville

Présentation du cadre de Leadville (à 3000m d’altitude dans le Colorado), de la rudesse des lieux en pleine crise économique (fermeture des mines de Molybdène) et récit de la naissance de la Leadville Trail 160 par son créateur Ken Chlouber.

X (93) – Editions 1993 et 1994 de la Leadville Trail

Fisher fait venir 5 Tarahumaras (les premiers venus) au Leadville Trail par l’intermédiaire de Patrocinio à l’édition de 1992 et c’est l’échec cuisant : abandon général avant la mi-course (ils découvraient les baskets, ne se servaient pas aux ravito et ne savaient pas se servir de lampes torches).Born To Run : l'équipe des Tarahumaras au Leadville Trail

Nouvel essai en 1993 avec 4 autres de bien meilleur calibre : Victoriano Churro (55 ans) gagne en un peu plus de 20h, Cerrildo Chacarito (40 ans) finit 2e juste derrière lui, Manuel Luna (20 ans) à la 5e place et Felipe Torres (18 ans) devient le plus jeune finisher.

XI (100) – Ann Trason

Ann Trason est une timide prof de sciences californienne qui se transforme en mutante quand il s’agit de courir : super star de l’ultra-trail en 1993, vainqueur 14 fois de la Western States et victorieuse sur 20 courses entre 1989 et 1993. Un seul ”titre” lui manque : être la première femme sur un ultra majeur toutes catégories confondues.Born To Run : Ann Trason

XII (107) – Edition 1994 de la Leadville Trail

Avec Ann Trason d’un côté, au centre de l’attention des médias, et les Tarahumaras managés par Fisher de l’autre, qui les présentent comme des machos de première pour faire monter la pression et les isolent du reste des coureurs. 

Martimano Cervantes (40 ans), Juan Herrera (25 ans) et Manuel Luna (21 ans) se présentent sur la ligne de départ avec 4 autres Tarahumaras, en queue de peloton, face à Ann Trason, en première ligne.

XIII (114) – La course jusqu’au 40e mile

Présentation de Joe Vigil, entraîneur d’athlétisme à Alamosa (Colorado), au palmarès inégalé au niveau national (14 fois entraîneur de l’année), venu en observateur au 1er ravito du 22e kilomètre à 4 heures du matin.

Récit de la première partie de la course avec les Tarahumaras partis en trombe et suivis de très près par Ann Trason, le tout sur des bases bien plus rapides que le record de l’épreuve. Au 40e mile, les places s’inversent et Ann affiche une grande agressivité pour rester devant.

Born To Run : Ann Trason

Citation : “la plupart des entraîneurs d’athlétisme classent l’ultra entre les concours de bouffe et les pratiques SM” – Mac Dougall

XIV (125) – La course du 40e au 60e mile

Ann Trason accroît encore son avance grâce à son mari qui joue le rôle de pacer. De leur côté, les Tarahumaras se laissent distraire par un ravito sauvage à Hope Pass et ont des pacers rencontrés la veille au soir à la pasta party. Ann a 7 minutes d’avance lors de son passage retour à Hope Pass, plus haut col de la course à 3800 mètres et 12 au 60e mile.

Explication du rôle de “Pacer” sur les 50 derniers miles.

XV (134) – Amour de la course & Emil Zatopek

En observant les Tarahumaras, Vigil “perce” leur secret : la compassion, le plaisir de la course et l’amour de la vie leur confèrent ce mental et cette énergie hors norme.

Réflexion sur la perversion de l’argent dans le système sportif américain, la baisse de performances des marathoniens américains depuis les années 70 et la décadence de nos sociétés modernes (violence, obésité, maladies, dépression).

Born To Run : Emil Zatopek

Analogie avec l’amour de la course du coureur tchèque Emil Zatopek, aux méthodes d’entraînement peu orthodoxes. Récit de ses exploits aux JO d’Helsinki en 1952. Anecdote sur le don de sa médaille des jeux à Ron Clarke, autre grand marathonien australien, quand il dut arrêter la course suite à l’invasion de la Tchéquie par l’URSS en 1968.

XVI (148) – La course du 60e mile à l’arrivée

Problème de genou au 110e kilomètre pour Martimano qui pense que Ann la sorcière l’a ensorcelé. Il ralentit et laisse partir Juan qui a 22 minutes de retard sur Ann au 116e kilomètre. Juan va si vite qu’il lâche son pacer, dépose “la sorcière” au 144e kilomètre et gagne la course en battant le record de 25 minutes, malgré une lanière de sa sandale qui a rendu l’âme en chemin. 

Ann termine avec 36 minutes de retard, humiliée, mais avec le record féminin qui tient toujours.

Martimano finit en 3e place, Manuel Luna en 4e et les autres Tarahumaras en 5e, 7e, 10e et 11e place.

Pétage de plomb de Fisher, leur manager, qui empêche quiconque de les approcher. Face à la colère et l’hostilité générale, les Tarahumaras retournent se réfugier dans leur canyon. Ils ne remettront plus jamais les pieds à Leadville.

Born To Run : Victoriano Churro

XVII (156) – Caballo Blanco raconte son histoire (suite)

Retour à Creel avec Caballo Blanco qui poursuit le récit de son histoire à partir de 1994. On apprend que le pacer de Martimano au Leadville Trail n’était autre que … Caballo Blanco lui-même. Il explique comment il s’est installé dans une cabane construite de ses mains dans les Copper Canyons après être parti à la recherche de Martimano pour donner à sa tribu des manteaux récoltés autour de lui peu après la course.

Caballo Blanco emmène Mac Dougall dans la Sierra. Il a bien du mal à être “facile, léger, fluide et rapide” (conseils que lui prodigue Caballo Blanco). A leur retour, il lui explique les raisons de sa présence à Creel : faire venir les meilleurs trailers américains sur le territoire des Tarahumaras et organiser une confrontation sur 50 miles en plein milieu des Copper Canyons, dans un choc des titans. Les coureurs qu’il vise : Scott Jurek côté US, Arnulfo Quimare, Manuel Luna et son fils Marcelino côté Tarahumara.Born To Run : Caballo Blanco

Citation : “Si tu hésites entre une ou deux foulées dans les rochers, fais-en trois.” – Caballo Blanco

XVIII (169) – Premières pubs de la course dans la presse US

A son retour aux US, Mac Dougall contacte Don Allison, rédacteur en chef de la revue ultrarunning, qui a bien reçu ses demandes d’articles mais qui ne veut pas les publier car incompréhensibles. Il contacte également Joe Vigil le coach qui n’a jamais entendu parler de Caballo Blanco.

Mac Dougall écrit un article dans Runner’s world sur la future course mais il ne suscite aucune réponse. Pendant ce temps, Caballo Blanco se blesse à la cheville et reste cloîtré en convalescence à Urique, le village le plus proche.

XIX (177) – Scott Jurek

Portrait de la star Scott Jurek qui a vécu une jeunesse difficile avec sa mère atteinte de sclérose en plaque, et de son acolyte Dusty Olson

Récit de sa victoire à la Badwater en 2005 : 217 kilomètres sur asphalte en plein milieu de la vallée de la mort, moins d’un mois après avoir gagné la Western States pour la 7e fois d’affilée. Alors qu’il était au fond du trou à mi-course, il réussit l’exploit de courir la 2e moitié sur ses meilleures bases de course en ultra et finalement bat le record de l’épreuve.Born To Run : Scott Jurek

Scott Jurek reçoit un énième mail de Caballo Blanco qui l’interpelle depuis 2 ans mais prend le temps cette fois de le lire et d’y prêter attention.

XX (190) – Les américains acceptent

Scott Jurek accepte finalement l’invitation. Caballo Blanco fixe la date de la course au 5 mars 2006, mais beaucoup d’incertitudes subsistent : est-ce que les Tarahumaras se pointeront au rendez-vous ? Combien d’américains se presseront derrière Scott Jurek ?

Mac Dougall arrive sans conviction à l’aéroport d’El Paso au Texas et a la bonne surprise de voir arriver non seulement Scott Jurek qui n’avait plus donné de signe de vie depuis le mail, mais aussi Luis Escobar, talentueux ultra-trailer ayant gagné la HURT 100, ainsi que Jenn Shelton et Billy Barnett, deux cracks de l’ultra sur la côte Est.Born To Run : Luis Escobar

XXI (196) – Une folle nuit de rencontre

Tout ce petit monde se retrouve au bar de l’hôtel Hilton à l’aéroport où se trouvent également Joe Escobar, le père de Luis, et Eric Orton, le coach de Mac Dougall depuis 9 mois. Ils décident de sortir boire un verre en ville. Barefoot Ted vient compléter la troupe plus tard.

Jenn et Billy se lâchent complètement. La première devient incontrôlable pendant que le deuxième vomit toutes ses tripes. Récit de leur folle première nuit tous ensemble dans les couloirs de l’hôtel Hilton. La troupe parvient tout de même à quitter El Paso à l’heure prévue (5h du matin) après une nuit très courte.

XXII (207) – Jenn Shelton et Billy “Bonehead” Barnett

Flash-back sur la rencontre entre Billy et Jenn en tant que maître-nageurs à Virginia Beach. Portrait haut en couleur des deux specimen. Ils se lancent dans un 50 miles en montagne sans jamais avoir couru un marathon, inspirés par la poésie de Jack Kerouac et les vers de Charles Bukowski. Quelques mois plus tard, Jenn bat le record  de la Old Dominion 100 et de la Rocky Racoon 100 et entre dans le top 3 des meilleures ultra-runneuses américaines.

Mac Dougall explique comment il réussit à embarquer Jenn dans l’aventure de la course avec les Tarahumaras lors d’une interview.

Born To Run : Jenn Shelton

Born To Run : Billy Bonehead Barnett

XXIII (218) – Les américains à Creel & Barefoot Ted

Accueil de toute la troupe à Creel par Caballo Blanco après 15 heures de bus.

Portrait de Barefoot Ted, bavard invétéré, vivant avec femme et enfant chez son cousin divorcé à Burbank, vivotant avec un petit business en ligne. En voulant courir un ironman avec du matériel datant du 19e siècle, Ted découvre que les seules chaussures qui ne lui font pas mal au dos sont … l’absence de chaussures. Et de fil en aiguille, il allonge les distances jusqu’à courir des 100 miles en montagne avec des Five Fingers.

Born To Run : Barefoot Ted

Caballo Blanco apprend à Mac Dougall que Marcelino, le prodige de l’école Tarahumara et  fils de Manuel Luna, a été battu à mort par des barons de la drogue. Il lui dit aussi que Arnulfo et Silvino devraient participer à la course.

XXIV (233) – Départ pour les Copper Canyons

Une bonne partie du groupe part faire un footing aux aurores dans les hauteurs de Creel. Jenn et Scott sont fascinés par les Five Fingers de Ted

Caballo Blanco, qui avait refusé de les suivre, finit par les rejoindre. Echange tendu entre lui et Ted sur le port des chaussures que Caballo pense indispensables dans les Barrancas.

Départ en bus pour les villages les plus reculés des canyons, une moitié du groupe sur le toit, l’autre à l’intérieur.Born To Run : Scott, Jenn, Bill et Chris

XXV (244) – Les chaussures de course

Plaidoyer sur les méfaits du port des chaussures de sport. Elles  seraient la cause de nombreuses blessures chez les coureurs, malgré l’investissement pharaonique des grands équipementiers dans les technologies de pointe. Mac Dougall énonce 3 “vérités” en s’appuyant sur des résultats d’études scientifiques :

  • Les meilleures chaussures sont les pires

Les porteurs de chaussures chères sont plus souvent blessés que les porteurs de chaussures bon marché. Et pourtant les arguments de vente des premières sont des éléments de protection additionnels.

  • Les pieds aiment être maltraités

Plus la chaussure a d’amorti, moins elle protège. La force de poussée verticale due au rebond est plus grande avec les chaussures molles. Une vieille chaussure à l’amorti fatigué génère moins de blessures qu’une chaussure neuve. Alors que les fabricants conseillent de changer les chaussures tous les 500 kilomètres, l’ultra-trailer Arthur Newton ne remplace ses fines baskets qu’après 6000 kilomètres.

  • Alan Webb lui-même dit que les êtres humains sont faits pour courir sans chaussure

Webb est l’un des plus grands “milers” des US et il s’entraîne le plus souvent pieds nus. 

Le mouvement de pronation du pied est un mouvement naturel qu’il ne faudrait pas corriger avec une chaussure. Sa tentative de correction entraîne des blessures.

L’élasticité du pied se développe sous la contrainte de la marche / course pieds nus.

Born To Run : Nike Pegasus

Genèse de Nike

Retour sur la genèse de Nike dans les années 70 avec Bill Bowerman, entraîneur qui croyait tout savoir, à sa tête. Ou comment est né le concept des chaussures avec attaque talon en avant du centre de gravité et tout le marketing qui va avec. Bowerman a créé le produit et le marché qui va avec.

XXVI (268) – Première sortie dans les Barrancas

Caballo Blanco amène toute la troupe dans son repaire spartiate de Batopilas. Lors d’un généreux repas chez une Mama, ils rencontrent Bob Francis, un américain guide dans les Barrancas qui leur décrit une “tagüinada”, beuverie orgiaque pour évacuer désirs et rancunes chez les Tarahumaras.

Première sortie de la troupe dans les hauteurs de Batopilas pour se familiariser avec terrain et les températures caniculaires. A la pause sur le plateau, Scott Jurek raconte comment il s’est mis au régime végétalien et les bienfaits qu’il en retire.

Born To Run : première sortie dans les Barrancas

Arrivés à l’arrache le ventre vide, Jenn et Billy se perdent en tentant de suivre le reste du groupe et errent dans la montagne, en déshydratation avancée, jusqu’à trouver une flaque  boueuse et douteuse dont ils finirent par ingurgiter des litres de son eau. Alors que le soleil se cache derrière les crêtes, Mac Dougall et Orton finissent par les retrouver par hasard lors de leur redescente vers le village, doutant eux-mêmes de leur itinéraire. Ils leur ont sauvé la vie.

Les conseils d’Orton à Mac Dougall :

  • embarquer 3 litres d’eau, même pour 4 heures, car il n’y a rien de pire que la déshydratation
  • ingurgiter 200 calories par heure pour habituer son corps 
  • observer l’attaque du pied au sol de Caballo, Ted et Scott, toutes similaires, très légères et à l’aplomb du corps
  • en descente, faire comme en montée : laisser les jambes tourner à l’aplomb du buste, comme un bûcheron sur un tronc flottant.  Contrôler sa vitesse en se penchant en arrière  et raccourcissant la foulée

Citation : “Si tu ne peux pas voir le sommet, marche” – Eric Orton

Born To Run : sortie dans les Barrancas

XXVII (291) – La transformation de Mac Dougall

Flash-back un an avant quand Mac Dougall tente d’appliquer les conseils de Caballo Blanco de retour aux US. Mise à l’épreuve avec un parcours de 4*20 kilomètres dans une forêt de l’Idaho. Mac Dougall termine avec les tendons en feu, pouvant à peine marcher, le moral en berne et ses rêves de courir la course de Caballo envolés.

Rencontre avec Eric Orton en allant l’interviewer à Jackson Hole (Wyoming) pour un magazine. Ils concluent un marché : Eric entraîne Chris et Chris lui présente Caballo pour courir également la course.

Born To Run : Eric Orton

Rencontre avec Ken Mierke, kiné en Virginie, atteint d’une dystrophie musculaire à la jambe droite et triathlète handisport, qui lui enseigne les rudiments de l’efficacité et l’économie de la foulée des Kenyans. Il baptise sa technique “Evolution Running”, appliquée entre autres par Eric Orton.

Les principes de Mierke et Orton :

  • “Imagine que ta gamine traverse la rue en courant et que tu dois la rattraper pieds nus”
  • “Presque tous les coureurs font leur séance d’endurance trop vite et leur séance de vitesse trop lentement”
  • Endurance : courir 2h sans interruption en respirant bouche fermée
  • Vitesse : courir confortablement en restant le moins longtemps sur ses appuis

Mac Dougall revoit son régime alimentaire

Pour manger comme les Tarahumaras, il décide de :

  • Manger moins : intégration du pinole (maïs et graines de chia),
  • Manger mieux : plus de fruits et légumes, moins de viande rouge et de sucres raffinés. Il cultive même des géraniums sauvages pour leur vertu anti-inflammatoire et se met à la salade améliorée au petit-déjeuner.
  • Born To Run : Pinole

Citation : “Mangez comme un pauvre et vous ne verrez votre médecin que sur un parcours de golf” – Joe Vigil

Considérations sur les capacités physiques des Tarahumaras : ce sont de grands athlètes complets qui cultivent leur force plutôt que de grands coureurs spécialistes du geste de course.

Mac Dougall court pour la première fois des sorties longues de 5h sans la moindre douleur et en toute légèreté.

XXVIII (313) – Evolution de l’Homo Erectus

Etude de la biomécanique d’un lièvre et de sa capacité à échapper à ses prédateurs : il dispose de pistons à niveau de l’abdomen pour accroître sa capacité respiratoire.

Le corps humain

Extrapolation à l’homme : dans son évolution, l’homme s’est mis debout pour respirer plus efficacement. Homo Sapiens a survécu à Néanderthal alors que ce dernier est plus fort et plus intelligent. Le corps humain s’est doté au fil du temps des principales caractéristiques des animaux coureurs (tendon d’Achille, ligament nuchal, gros fessiers) par opposition aux marcheurs. Les tendons font office d’élastique pour courir plus longtemps et non plus vite.

Quand les quadrupèdes courent, ils ne peuvent faire qu’une inspiration par cycle locomoteur. Au contraire des hommes qui sont libres de respirer à leur rythme. L’homme est aussi le seul à transpirer pour abaisser sa température corporelle grâce à ses millions de glandes sudoripares, ce qui lui permet de produire un effort et respirer en même temps. Pour un mammifère coureur, quand la chaleur accumulée est supérieure à ce qu’ils peuvent évacuer par la bouche, c’est l’arrêt ou la mort.Born To Run : évolution des hominidés

Le cerveau

Notre cerveau (et donc notre tête) a augmenté de volume pour augmenter son leste et la stabiliser à la course. La tête lestée combinée à l’action des bras permettent de ne pas vriller ni de tanguer en courant.

Homo Erectus pourchassait ses proies en leur courant après jusqu’à ce qu’elles tombent d’épuisement. Le Dr David Carrier, professeur de biologie et coureur, à l’origine de cette découverte, cherche des preuves de cette théorie. Il rencontre Louis Liebermann, un sud-africain, qui lui relate ses 4 années en immersion dans une tribu Bochiman du Kalahari : ils ont notamment chassé des koudous jusqu’à leur épuisement en parcourant 30 kilomètres à la marche et 25 à la course par une température de 42°. Un koudou tient entre 3 et 5h avant de tomber d’épuisement. Les Bochimans font en moyenne 6’ au kilomètre dans le sable mou. Ils sont capables de récupérer activement en courant après avoir piqué des sprints. Les armes principales de l’homme dans ce monde hostile sont la solidarité et la coopération.

Si l’homme est né pour courir (born to run), pourquoi tellement de gens ont horreur de ça ? 

Le cerveau est notre meilleur allié et notre pire ennemi : il cherche la facilité. Pourquoi faire tourner la machine à plein régime si ce n’est pas nécessaire ? Ce cerveau limite désormais notre endurance. Presque toutes les maladies mortelles dont souffrent aujourd’hui les Occidentaux (infarctus, diabète, dépression, hypertension, cancers) étaient inconnues de nos ancêtres.

Citation : “un coureur de 75 kg met 2’ au kilomètre de plus qu’un coureur de 45 kgs” – Mac Dougall

XXIX (359) – Rencontre entre les américains et les Tarahumaras

Born To Run : Jenn Shelton en équilibre

La troupe quitte Batopilas de nuit et suit Caballo Blanco jusqu’au lieu de rendez-vous avec les Tarahumaras fixé des mois auparavant. Ils y retrouvent Arnulfo, son cousin Silvino et même Manuel Luna en plein deuil de l’assassinat de son fils.

Caballo présente chaque membre de l’équipe en leur attribuant un totem :

  • Chris : el Oso (l’ours)
  • Ted : el Mono (le singe)
  • Luis : el Coyote
  • Billy : el Lobo joven (le jeune loup)
  • Eric : el Gavilan (le faucon)
  • Jenn : la Brujita bonita (la jolie sorcière)
  • Scott : el Venado (le cerf)

Tout le groupe se met en branle direction Urique (le village départ) pour passer la rivière avant la nuit.

Born To Run : arrivée des "Mas Locos"

XXX (366) – Les préparatifs à Urique

A Urique, petit village isolé au fond d’un canyon, les Tarahumaras continuent d’affluer, seuls ou à deux, de toutes les directions au cours des deux derniers jours, dont Herbolisto (51 ans). La troupe est maintenant passée à 25 membres.

Les locaux appellent les américains par leurs totems.

On apprend qu’Arnulfo a déjà gagné 3 fois la course des 100 kilomètres.

Barefoot Ted fait appel à Manuel Luna pour se confectionner des huaraches (sandales) qu’il baptise “Air Luna” et parvient à le sortir de sa tristesse.Born To Run : Manuel Luna confectionne des huaraches pour Barefoot Ted

Born To Run : les huaraches (sandales)

Caballo Blanco conclut le banquet général de veille de course par un discours émouvant sur les “mas locos” (les américains) qui osent prendre part à une course où il n’y a rien d’autre à gagner que le respect.

XXXI (376) – La course

Le départ

Durant la nuit, les rues ont été décorées de guirlandes de fleurs fraîches et de papier. Départ à 7h pile au coup de pistolet du maire dans une ambiance incomparable de fête. Jenn et Billy débarquent à l’arrache comme à leur habitude.

Les Tarahumaras d’Urique partent comme des trombes avec leurs baskets aux pieds. Mac Dougall est dernier.

Le tracé de course en Y avec le départ et l’arrivée en plein milieu permet d’assister en direct à la bagarre. Mais aussi de voir que les Tarahumaras d’Urique trichent en prenant des raccourcis. Caballo décide de les disqualifier.

Au 1er bras du Y, Mac Dougall croise Scott en tête suivi comme son ombre par Arnulfo et Silvino, chemises au vent.

Jenn et sa garde rapprochée

Derrière, mano à mano entre Jenn et la bande à Herbolisto. Jenn attaque en descente et les 5 Tarahumaras au rythme régulier la reprennent en montée. Elle termine la 2e branche au 32e kilomètre en 4e position malgré une violente chute.

Born To Run : Jenn Shelton

Dans la montée du 3e bras (900D+ par 38°), elle croise Arnulfo et Silvino de front avec 3 minutes d’avance sur Scott.

Au 67e kilomètre, les 3 premiers sont dans le même ordre et Jenn a réduit l’écart. Derrière ça revient également : Herbolisto et Sebastiano à 400 mètres et Billy à 400 mètres encore derrière.

Pour ne pas manquer l’arrivée, Caballo Blanco renonce à la course et tire droit sur Urique.

Mac Dougall au fond du trou

Mac Dougall est fringant à mi-course mais coince dans les 15 derniers kilomètres. Dans la dernière côte, il croise Barefoot Ted à sec, à qui il donne toute son eau. Sauf qu’au sommet à Guadalupe, plus d’eau pour se ravitailler. Heureusement, il tombe sur Bob Francis, le guide américain, qui lui donne du jus de mangue et lui permet de repartir dans la dernière descente.

Une arrivée dans un mouchoir de poche

En tête de course, à 1 kilomètre et demi de l’arrivée, Scott reprend Silvino. Il l’invite à emboîter le pas mais il n’arrive pas à suivre le rythme. Il remonte sur Arnulfo mais ne parvient pas à le doubler avant la ligne. Arnulfo gagne en 6 heures, juste devant Scott et Silvino. Suivent un peu plus loin Herbolisto et Sebastiano. Born To Run : Scott Jurek et Arnulfo Quimare

A Guadalupe, à 8 kilomètres de l’arrivée, Jenn est cuite et laisse partir les 2 Tarahumaras. Elle a la bonne surprise de voir arriver Billy et ils décident de terminer la course ensemble. Ils finissent en 6e et 7e position, devançant dans cet ordre Luis, Porfilio et Eric, pourtant tous très expérimentés.

N’ayant pas le cœur à l’épreuve, Manual Luna abandonne mais décide d’accompagner Barefoot Ted dans ses derniers hectomètres.

Caballo Blanco part à la rencontre de Mac Dougall qui termine de nuit sous une ovation incroyable, mais tourne de l’œil sur la ligne après 12 heures de course.

Citations

  • J’essaie d’être à la hauteur de la course, pas des coureurs” – Mac Dougall
  • Ce qui pose problème, c’est l’inattendu. Quand vous savez ce qui vous attend, vous pouvez vous mettre au boulot l’esprit tranquille” – Mac Dougall

XXXII (401) – Vie et mort de Caballo Blanco

Le boxeur

Durant la fête d’après-course, Caballo Blanco raconte son histoire et révèle qui il est vraiment : Michaël Randall Hickman, fils de militaire, s’adonnant à la boxe malgré son physique maigrichon et mettant KO les plus costauds. Il officie sous le nom de “Gypsy Cow-Boy” et gagne sa vie grâce à des combats arrangés avec des promoteurs locaux pour donner du spectacle.

Born To Run : Gypsy Cow Boy le boxeur

L’ermite

Micah True est né de sa rencontre avec un ermite nommé Smitty, vivant ensemble dans une grotte de Maui, en même temps que sa découverte de la course à pied en parcourant les 32 kilomètres qui le séparent du sommet de l’île à 3000 mètres d’altitude. Micah pour Michée le prophète de l’Ancien Testament, et True pour True dog son vieux chien fidèle.

Puis il tombe amoureux de Melinda et retourne à la civilisation en s’installant ensemble à Boulder dans le Colorado où il enchaîne les combats victorieux, jusqu’à démolir un caïd du kickboxing devant les caméras de TV.

Le coureur

Alors que Melinda le quitte pour un autre, il décide de plaquer cette carrière toute tracée. Il disparaît de la circulation, se met à la course de grand fond et gagne son premier double-marathon en 6h12.

Un accident de vélo dans une rue pentue de Boulder le propulse à l’hôpital. Il réfléchit au sens de sa vie, pauvre mais libre. Quand il récupère, son chemin le mène à Leadville jusqu’à cette nuit magique où il devient le pacer de Martimano Cervantes.

Le penseur libre

Il avoue vivre du rôle de Micah True, déménageur 3 mois par an à Boulder, avant de repartir dans sa cabane de Batopilas et redevenir El Caballo Blanco.

Au matin du 27 mars 2012, Micah True part courir mais ne revient jamais. Son corps est découvert le long d’une rivière. Il meurt d’une crise cardiaque à 58 ans.Born to run : Caballo Blanco et les Tarahumaras

Citation : “Les ultras sont juste des concours de nourriture et de boisson avec un peu d’exercice et de décor autour” – Sunny Blende

Avatar Séb

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Run to born