GRP 2019 : J-4

Dans quatre jours commencera la grande fête du trail en Haute-Pyrénées : le Grand Raid des Pyrénées. Premier départ jeudi matin à 6 heures pour l’ultra et ses 220 kilomètres. Les derniers sont attendus dimanche à 6h à Vielle-Aure. Et en guise de feu d’artifice le superbe buffet de fin course dimanche midi pour que coureurs et bénévoles puissent communier et festoyer tous ensemble !

Plus de 5000 participants inscrits sur les 6 courses. Un monument du genre qui a gardé toute son authenticité, loin de la dérive business que l’on peut observer fin août dans les Alpes. Ici il n’y a rien d’autre à gagner qu’une rencontre en profondeur avec soi-même … et c’est bien là l’essentiel !

Je serai au rendez-vous

Pas en tant que coureur, mais en tant que bénévole. J’avais tellement envie de rendre à cet événement ce qu’il m’avait apporté l’an passé.

Dès jeudi je serai à pied d’œuvre. Bien avant l’aurore, j’ouvrirai le premier tronçon de l’ultra avec Christophe : un itinéraire de 15km et 1000m D+ de Vielle-Aure à la Hourquette d’Ancizans. Le but sera de vérifier que le balisage est bien en place pour que les coureurs n’aient pas à se poser de question. Il faut donc prévoir du balisage supplémentaire au cas où. Accrochés à des élastique, ces rubalises seront enfilées autour de nos bras pour nous aider à intervenir au plus vite, ce qui nous donnera une allure peu banale de rapace en approche !Évidemment il ne faut pas se faire rattraper par les premiers. Pour 15 km, il faudra compter deux heures de marge. Départ prévu donc à 3h30 / 4h à la frontale … ça va piquer

Officiellement, rien d’autre n’est prévu pour la journée. J’en profiterai donc pour applaudir les coureurs et si je me sens en forme, je rentrerai à pied à Vielle-Aure plus tard dans la journée.

Merlans

C’est le nom du restaurant de montagne accueillant les coureurs deux cents mètres sous le col de Portet. Vous savez, celui qui a accueilli une arrivée du Tour De France  en 2018. Il y a encore deux ans de cela, l’accès au col depuis Espiaube n’était qu’une piste en terre hébergeant les troupeaux en estive allant au gré du vent. Le tunnel deux virages sous le col était même l’abri préféré des moutons lors de mauvais temps. L’épaisseur des couches de déjection ovine donnait l’impression de rouler sur de la moquette. Depuis le Tour de France, le paysage a changé, de même que la fréquentation au col : la réserve du Néouvielle devient plus accessible et la population de randonneurs aguerris doit maintenant cohabiter avec celle des familles venues pique-niquer en altitude …En basculant côté Néouvielle depuis le col, vous arrivez au restaurant Merlans après quinze minutes de marche. C’est là que je serai en poste du vendredi 7h jusqu’à la fin de course dimanche. Avec quatre autres bénévoles bien rodés, nous serons responsables de l’accueil des coureurs dans les meilleures conditions : ravitaillements toujours fournis, lits de camp disponibles pour les coureurs ayant besoin de repos, pointage des coureurs dans les deux sens – trois parcours passeront à l’allée depuis Vielle-Aure, cinq au retour depuis le Néouvielle.Mais aussi contact avec les secours en cas d’urgence : aller chercher un coureur en perdition ou blessé, refaire un balisage arraché par le vent ou mangé par les animaux, même en pleine nuit et pire que tout … être le relai du PC Course pour stopper les coureurs si la météo venait à se dégrader, le cauchemar de tout organisateur face à l’incompréhension des coureurs …

Indélébile

Ça ne sera pas la première fois que je serai bénévole sur le GRP. En 2017, j’avais passé deux jours mémorables à Merlans après avoir été ouvreur pendant trois jours.

Au restaurant, j’ai le souvenir de ces derniers coureurs du 80 kilomètres, exténués, en pleine bataille contre les barrières horaires, qui n’arrivaient plus à mettre un pied devant l’autre à 2h du matin mais qui ne voulaient pas abandonner. J’avais joué également au serre-file en accompagnant une mamie de 64 ans au bout de ses forces sur le Tour du Néouvielle. Cette expérience faisait suite à trois tronçons ouverts. D’abord les deux premières étapes du Pyrénées Tour Trail, puis le dernier tronçon de l’ultra ouvert seul, à savoir la fameuse descente du col de Portet jusqu’à l’arrivée.

Mémorable car j’étais parti avec peu de marge de Merlans et le premier de l’ultra explosait toutes les prévisions de passage. Sans le savoir j’étais parti avec seulement trente minutes d’avance. Sur tout le plateau menant au Cap de Pède, les animaux avaient gouté du balisage au point qu’il ne restait plus qu’une rubalise sur quatre … sur six kilomètres !!! J’ai juste le temps de terminer de tout remettre en place que Romain Olivier fond sur moi à 14 km/h !!! Je parviens juste à lui emboiter le pas lorsqu’on tombe sur les barrières à animaux que je me devais d’ouvrir. Il y en avait trois comme ça dans les hauteurs de Soulan. Je le précède, lui ouvre chaque barrière et cours à 18 km/h pour lui repasser devant !!!400 mètres … c’est ce que j’arrive à lui reprendre lorsqu’il s’arrête dans Soulan pour refaire le plein de ses flasques. C’est aussi l’écart qu’il y aura à l’arrivée entre nous malgré tous mes efforts pour reprendre de l’avance.

C’est le genre de souvenir indélébile que je raconterai encore pendant des années A tous ceux qui s’élanceront sur l’une des courses du GRP en fin de semaine, je vous souhaite le meilleur … que cette expérience vous procure autant d’émotions que j’ai pu en connaître …

… Et si vous voyez un type avec un chapeau au restaurant Merlans, souriant et affable, n’hésitez pas à vous arrêter deux minutes pour lui faire un petit coucou, ça lui fera très plaisir

3 Comments

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Super nouvelle, j’espère bien arriver jusqu’à toi samedi avec mes 2 compères vers 15-16h (rien n’est moins sûr car il y aura forcement des surprises).
En tous cas , cela voudrait dire que j’ai 108km dans les pattes et ça ce serait déjà un exploit
bravo pour ton rôle sur la course car sans Bénévoles, rien ne peut exister en trail.

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